L’Antenne AEFJN Ouganda a lancé son projet pilote en juillet 2025 dans les sous-comtés d’Ukusijoni et de Pakele, visant à lutter contre l’injustice foncière et l’insécurité alimentaire en promouvant l’agroécologie et des droits fonciers sécurisés. Cette initiative a été précédée par une enquête de référence intitulée « Étude sur la gestion des cultures indigènes dans le district d’Adjumani, en Ouganda », dont l’objectif principal était d’explorer les perspectives, les pratiques et les défis de la sécurité alimentaire à travers des pratiques agro écologiques communautaires.
Les principales conclusions ont révélé que les cultures indigènes ont une valeur significative pour la communauté : 93 % des participants les ont louées pour leur résistance à la sécheresse, et 86 % ont noté leurs faibles besoins en apports, y compris moins de travail et un usage minimal de produits chimiques. Les connaissances traditionnelles, telles que le semis du millet par voie aérienne, sont toujours pratiquées, les principales cultures comprenant le millet, le mil perlé, le niébé (« Kuruja »), le manioc et le sésame. Au-delà de leurs avantages agricoles, ces cultures revêtent une grande importance nutritionnelle et culturelle : 90 % des répondants ont cité leur forte valeur nutritionnelle pour la nutrition des enfants et la santé maternelle, et elles jouent un rôle vital dans les rituels culturels et la médecine traditionnelle, les systèmes alimentaires étant par ailleurs étroitement liés à l’identité communautaire et à la spiritualité. Malgré ces points forts, l’enquête a identifié des défis clés, notamment une faible demande du marché pour les cultures indigènes, la destruction de la faune signalée par 87 % des participants, des pertes après récolte dues à un stockage insuffisant affectant 50 % des agriculteurs, une inégalité de genre dans le contrôle du stockage et des ventes, des idées fausses considérant ces cultures comme de la « nourriture pour pauvres », et un soutien politique faible avec une sensibilisation limitée aux programmes gouvernementaux. Néanmoins, les cultures indigènes contribuent de manière significative à la souveraineté alimentaire en renforçant la résilience climatique, en favorisant la diversité des cultures comme le soulignent 60 % des répondants, en réduisant la dépendance aux semences hybrides, en abaissant les coûts de production et en fournissant de la nourriture en période de crise. S’appuyant sur ces résultats, le projet pilote a été lancé avec des objectifs spécifiques centrés sur la formation en agroécologie, l’organisation des agriculteurs et le plaidoyer. Les principales activités mises en œuvre comprenaient la création d’une association d’agriculteurs, où 160 agriculteurs ont été identifiés et formés dans trois villages, ce qui a conduit à la mise en place de sept groupes d’agriculteurs avec des structures de leadership. Un programme de dialogue et de changement de mentalité a réuni tous les groupes lors de réunions pour favoriser la compréhension mutuelle, l’appropriation du projet et la cohésion. Des sessions de formation ont permis aux agriculteurs d’acquérir de meilleures compétences en gestion des terres et des cultures, tandis que des subventions en espèces pour les semences et l’ouverture de terres ont permis à chaque groupe de gérer leurs exploitations agricoles.
Sur base des superficies qu’ils ont proposées. Un total de 18,5 acres a été ouvert dans quatre villages : Alera avec 4 acres, Amatura avec 6 acres, Vukootu avec 5 acres, et Kocoa Pakele avec 3,5 acres. Les résultats de la récolte, particulièrement dans la production de tournesol, ont démontré un succès tangible : Alera a produit 16 sacs (992 kg) évalués à 1 146 000 UGX ; Amatura a produit 12 sacs (744 kg) évalués à 892 800 UGX ; et Vukootu a produit 13 sacs (806 kg) évalués à 926 900 UGX, avec 10 % des revenus économisés pour la saison suivante. Une émission de radio a également été organisée pour sensibiliser sur l’agroécologie et les bonnes pratiques agricoles, les droits fonciers et la gouvernance, et d’appeler les dirigeants et les parties prenantes à adopter et soutenir des pratiques agricoles durables dans le district. Le projet a produit des impacts significatifs, notamment l’amélioration des compétences en gestion des terres et des cultures, la relance des semences indigènes et résistantes à la sécheresse, le renforcement de la cohésion sociale entre les agriculteurs, l’amélioration des moyens de subsistance et de la sécurité alimentaire, et l’engagement actif des groupes d’agriculteurs avec les autorités sur les droits fonciers.
Grâce à ces interventions, le projet a démontré que lorsque les communautés récupèrent leur terre, elles ne se contentent pas de cultiver des cultures – elles cultivent la dignité, la résilience et l’espoir. Le parcours de l’Antenne AEFJN Ouganda se dresse comme un témoignage que la justice ancré dans la foi peut cultiver une transformation durable, une graine à la fois.
