L’engagement des Congrégations missionnaires et religieuses en Afrique dans le domaine de l’éducation a été une marque de leur présence évangélisatrice depuis le début de leur présence sur le continent. L’éducation catholique, à ce jour, est toujours un contributeur majeur au développement humain intégral en Afrique. Il n’est donc pas étonnant que certaines des histoires d’espoir recueillies relèvent de ce domaine. L’éducation en tant que telle n’est pas un domaine d’intérêt majeur pour AEFJN ; néanmoins, le travail de plaidoyer consiste à sensibiliser les gens et les décideurs à l’importance critique et à changer les mentalités pour la transformation sociale. Le changement systémique, en fait, exige à la fois un changement dans les structures socio-économiques et dans la mentalité qui les sous-tend. Comme le dit Redemptoris Missio (RM 58-59), la contribution de l’Église au développement ne réside pas tant dans la construction des structures physiques ou dans l’offre de solutions techniques aux problèmes sociaux, mais plutôt dans la formation des consciences.
Le travail éducatif que les membres de l’AEFJN accomplissent en Afrique revêt donc une grande importance par rapport à l’engagement de plaidoyer du réseau, car il contribue à la réflexion critique et à la sensibilisation et donne aux gens la capacité de parler et d’exprimer leurs points de vue. Le Secrétariat international d’AEFJN, d’autre part, s’est engagé à ouvrir des espaces au niveau de la prise de décision où les voix africaines peuvent être entendues. Par exemple, le mécanisme d’engagement de la société civile (MCSE) de l’UA et de l’UE est une plateforme nouvellement créée conçue pour ancrer une participation significative de la société civile dans le partenariat Afrique-UE. Co-créée en 2022 par environ 25 organisations de la société civile (OSC) africaines et européennes, groupes de jeunes et mouvements de base. Il fonctionne selon les principes de transparence, de participation égale, d’accessibilité, d’inclusion et d’autonomie. Son objectif est d’intégrer la voix de la société civile et des jeunes tout au long du cycle de prise de décision UA-UE, en façonnant l’ordre du jour du sommet, les politiques, les discussions ministérielles et le dialogue de Commission à Commission. Il offre un espace formel, structuré et autonome aux OSC et aux jeunes pour façonner le programme UA-UE, participer aux processus diplomatiques clés et demander des comptes aux institutions. Son évolution – de l’étape de la proposition en 2022 au lancement de la plateforme en 2024, et à la poursuite du plaidoyer en 2025 – marque une reconnaissance croissante de la société civile en tant qu’acteur central de la coopération intercontinentale.
Le CSEM offre une occasion cruciale de renforcer le partenariat Afrique-Europe en intégrant diverses voix, en particulier celles de la base. Le déséquilibre historique dans la relation entre les deux continents, façonné par des objectifs géopolitiques et des intérêts économiques, appelle une réorientation vers le respect mutuel, l’apprentissage partagé et la collaboration. Le CSEM offre une plateforme pour aborder la gouvernance, la paix, les systèmes alimentaires, le climat, la migration et le développement humain par le biais d’un dialogue inclusif et participatif. Elle est essentielle pour encourager les partenariats fondés sur la confiance, dans lesquels les acteurs africains et européens s’engagent à plusieurs niveaux, afin de veiller à ce que les politiques communes reflètent les réalités locales, autonomisent les communautés marginalisées et favorisent la cohésion sociale. En donnant la priorité à la collaboration plutôt qu’à la concurrence, le CSEM cherche à s’attaquer aux causes profondes plutôt qu’aux symptômes superficiels, en favorisant des progrès holistiques dans des domaines tels que la prévention des conflits, la transition agroécologique, la justice climatique et les politiques migratoires équitables. Grâce au MSCE, la société civile peut contribuer de manière significative à créer un avenir résilient, juste et durable pour les deux continents.
En particulier, l’année dernière, l’AEFJN a co-organisé un dialogue important entre l’UA et l’UE visant à créer un partenariat plus équitable entre les organisations confessionnelles africaines et européennes (OFA), qui ont longtemps joué un rôle dans la promotion de la solidarité et la défense de la justice en Afrique. AEFJN reconnaît l’importance des ESA en tant qu’acteurs clés pour combler le fossé entre les communautés locales et les politiques internationales.
Les discussions ont porté sur le dépassement des tendances élitistes qui ont souvent caractérisé les relations entre l’UE et l’Afrique, en insistant sur la nécessité d’une plus grande inclusion de la base.
Le dialogue a appelé à une aide au développement décolonisée qui favorise l’appropriation et l’autonomisation locales. AEFJN a plaidé pour des politiques commerciales qui reflètent les réalités des communautés africaines et qui contribuent à la transformation socio-économique à long terme de l’Afrique. En mettant l’accent sur les principes de justice et d’égalité dans les relations Afrique-UE, l’AEFJN et ses partenaires ont ouvert la voie à une collaboration plus cohérente et plus équitable à l’avenir.
Les histoires présentées dans cette section nous donnent plus de raisons d’espérer pour l’Afrique : à commencer par la subjectivité des peuples africains, leur résilience et leur créativité, ce qui les conduit à de nouveaux départs face aux situations les plus difficiles. Ils montrent comment la rencontre humaine authentique évoque les trésors les plus profonds de l’humanité, construisant des ponts à travers de redoutables divisions, transformant les mentalités et permettant à une culture de la rencontre de grandir.
