1. Qui finance le développement ?

Les économistes aiment dire : « Rien n’est jamais gratuit » – ce qui est tout à fait vrai. Mais les questions que nous devons alors nous poser sont les suivantes :

– Qui paie ?

– Qui en profite ?

– Qui décide ?

Faire de la politique économique, c’est faire des choix concernant l’utilisation des ressources, la répartition des coûts et la prévision des bénéfices. Faire des choix implique de faire des sacrifices. La question qui se pose alors est : qui fait ces sacrifices ?

La réponse à cette question n’est ni simple ni évidente.

Si l’on se penche sur l’histoire et sur l’époque de la révolution industrielle au XIXe siècle, on constate une période de grands progrès dans les modes de production et dans la croissance de la richesse. Mais cette période du XIXe siècle s’est accompagnée de grandes souffrances et de l’exploitation de la main-d’œuvre, de la majorité de la population. La croissance s’est faite au prix de longues heures de travail pour les ouvriers, sans repos, dans des logements insalubres, avec le recours au travail des enfants, sans sécurité sociale, ainsi que par l’invasion coloniale visant à s’approprier les ressources et le pillage des ressources d’autres pays.

Le développement de la révolution industrielle a coûté très cher à la majorité des ouvriers et des petits agriculteurs. Ce sont eux qui ont payé le prix du progrès dont n’a profité qu’une minorité de riches propriétaires de capitaux.

Ne sommes-nous pas confrontés à la même situation aujourd’hui en Tanzanie, où 70 % de la population ne profite guère des progrès économiques dont jouissent les 30 % de la population qui ont les moyens de participer au programme ? La majorité silencieuse reste en marge tandis que défile le cortège de ceux qui en tirent profit.

La colère récente de nos jeunes ne doit pas être considérée comme le fait de quelques voyous sans instruction. La colère de notre jeunesse doit être replacée dans le contexte des inégalités croissantes au sein de notre société. Les jeunes n’ont pas d’emploi, les opportunités sont rares, créer une petite entreprise est très problématique, les initiatives sont freinées par des obstacles bureaucratiques et l’impossibilité d’obtenir des financements, et un grand nombre de travailleurs perçoivent un salaire minimum qui suffit à peine à couvrir les dépenses d’une semaine, et ce dans des secteurs en croissance comme le tourisme et les services.

Le secteur touristique est présenté comme une importante source de revenus pour la Tanzanie, mais de nombreux hôtels versent à leurs employés des salaires très bas et leur imposent des journées de travail de 13 à 14 heures. Personne ne défend les droits de ces travailleurs, tandis que les propriétaires d’hôtels engrangent d’énormes profits.

Les gardes de sécurité employés dans les demeures des riches gagnent 150 000/= par mois, tandis que ces derniers perçoivent un revenu plus de 100 fois supérieur au salaire du gardien.

Si l’on revient aux questions posées plus haut – qui paie, qui en profite, qui décide. Il apparaît clairement que ce sont ceux qui décident qui en profitent, et que ce sont ceux qui en profitent qui décident des politiques. C’est le cercle vicieux des « nantis » contre les « démunis ».

Nous devons prendre conscience que les relations entre riches et pauvres auront toujours tendance à être fondées sur l’exploitation. L’histoire regorge d’exemples, partout dans le monde et à toutes les époques. Le soi-disant « marché libre » aura toujours tendance à favoriser les riches. Il en va de même en Tanzanie.

Les programmes d’ajustement structurel ont entraîné des progrès économiques, mais pas pour la majorité. Ce sont eux qui font les sacrifices, et ceux qui paient ne profitent pas des fruits de ce progrès. La nouvelle vision 2050 proposée par les autorités s’inscrit dans la même ligne de pensée et de planification. Si nous voulons faire participer les 70 % de la population qui sont laissés pour compte, nous avons besoin d’une intervention des dirigeants pour réguler le développement de ce marché libre.

Ceux qui ne cessent de prôner le modèle capitaliste, que nous avons adopté depuis les années 80 du siècle dernier, continuent d’affirmer que « la richesse doit être créée avant d’être redistribuée » ; ils imposent ainsi à la majorité le sacrifice d’attendre pour en récolter les fruits. Ils oublient également que créer de la richesse en premier lieu ne fait qu’accroître la richesse de ceux qui en possèdent déjà, et qu’ils bloqueront toute tentative de redistribution en faveur de la majorité afin de ne pas avoir à faire de sacrifices et à supporter une plus grande partie du fardeau des coûts.

Une intervention forte s’impose pour briser ce cercle vicieux où les créateurs de richesse décident de favoriser les détenteurs de richesse.

Si ce sont les décideurs eux-mêmes qui tirent profit de ce système, peut-on espérer qu’ils modifient leurs politiques en faveur des plus démunis ?

Il est nécessaire de réfléchir sérieusement à la manière d’offrir davantage de possibilités de participation aux processus décisionnels, afin d’en faire bénéficier la majorité.

La réponse appropriée à la colère des jeunes consiste à s’asseoir autour d’une table pour discuter des enjeux et réorienter nos politiques vers des priorités difficiles : passer d’une économie de la croissance à une économie de l’égalité des chances.

Une plus grande participation à la prise de décision.

– Offrir davantage d’opportunités à la majorité et s’attaquer au problème de l’inégalité croissante constituent un enjeu national, un problème auquel nous devons faire face ensemble, en mobilisant toutes les forces disponibles.

Ce n’est pas un sujet qui se prête aux querelles politiques, aux luttes partisanes et à la recherche de gains politiques entre différents groupes.

Ce ne sont pas la mobilisation populaire, les rassemblements de masse, la propagande et les promesses de projets utopiques qui résoudront le problème. Il faut une réflexion posée, une étude scientifique, un engagement moral, une concentration sur les priorités, la mise en place d’une culture de l’efficacité et l’accomplissement de ses devoirs.

Nous devons nous regarder nous-mêmes, examiner nos comportements, nos structures et notre culture.

Existe-t-il une volonté politique de mener cet examen de conscience sérieux, en nous demandant en toute sincérité si notre comportement est prêt à reconnaître nos faiblesses, notre manque d’intérêt pour le bien commun ? L’idée de bien commun a-t-elle un sens pour ceux qui ne se soucient que de leurs propres intérêts ? Après les manifestations du 29 octobre, nous n’avons constaté aucun examen de conscience de la part des autorités.

Au moment de la Déclaration d’Arusha, nous avons nationalisé les principaux moyens de production, intégré toutes les grandes organisations civiles au sein d’un parti unique, affaibli les collectivités locales et tout centralisé dans un système d’étatisme centralisé – c’est-à-dire : l’État subvient aux besoins.

Cela a tué l’initiative locale.

Lorsque nous avons été contraints de restructurer ce système, nous l’avons transformé en une nouvelle forme de centralisation, notamment au profit de ceux qui disposent de moyens économiques (étrangers et locaux).

Nous n’avons pas redonné au peuple la possibilité de s’organiser lui-même.

– À cela s’ajoute la question de notre culture : l’autoritarisme et la mentalité de chef sont encore très présents. La participation démocratique est faible et n’est en fait pas encouragée en raison de notre culture. Nous ne remettons pas facilement en cause l’autorité, nous ne sommes pas formés à faire preuve d’esprit critique de manière constructive, avec la volonté de rechercher de meilleures solutions. La culture démocratique ne consiste pas à imiter la culture occidentale ; il s’agit d’organiser la participation du peuple à la prise de décision.

Il est évident qu’une telle participation doit s’appuyer sur des éléments culturels locaux, des modes d’expression et de réflexion propres à chaque communauté. La démocratie ne se résume pas tant à des systèmes multipartites, à des élections régulières ou à l’élaboration de règles. Il s’agit avant tout d’une mentalité qui consiste à donner à chacun une place dans la société, une parole pour contribuer, et une dignité à respecter envers chaque personne.

Il s’agit de redéfinir le centre de la prise de décision par le biais des associations de la société civile, de la liberté académique et de médias efficaces, libres d’enquêter et de réfléchir. Il s’agit d’un changement fondamental dans la gouvernance, à commencer par le niveau local.

C’est d’un changement de mentalité profond dont nous avons besoin.

Est-ce que le fait que tant de gens soient pauvres nous préoccupe vraiment ? Cela nous touche-t-il en profondeur ? Cela nous pousse-t-il à vouloir agir ?

Ou bien nous contentons-nous de hausser les épaules en disant « tant pis » ?

  1. Que signifie le développement, au fond ?

S’agit-il de « choses » – de « richesse » – ou bien de la qualité de vie des êtres humains ?

Quelle vision avons-nous du développement ?

Une grande maison, un gadget, des fêtes somptueuses, ou s’agit-il plutôt de paix, d’harmonie, de disposer des biens de première nécessité, d’avoir la possibilité d’être heureux et de contribuer à la cohésion familiale ?

Notre vision est-elle une source d’inspiration pour que la société vive et se comporte bien, pour qu’elle se sente chez elle ? Le concept d’Ujamaa nous a inspirés, mais nous n’avons pas réussi à le concrétiser et à le mettre en œuvre dans des structures et des comportements viables.

Pourquoi cela ?

Nous devons analyser cela et oser nous regarder en face pour voir où nous réussissons et où nous échouons.

Nous sommes passés d’un système socialiste strict à un capitalisme libéral strict, mais nous n’avons pas réussi à trouver une voie médiane, respectant notre vision et notre inspiration en tant que nation familiale, et à nous comporter comme des personnes dotées d’une culture familiale, prenant soin les uns des autres et du bien commun.

Nous devons répondre à la question suivante : quel développement voulons-nous ?

Cela va bien au-delà de l’économie.

Nous devons partir des fondements moraux de notre action : les principes et les valeurs de la dignité humaine, du bien commun, de la solidarité et de la subsidiarité. Comment façonner la société pour qu’elle suive ces principes et ces valeurs, et comment organiser nos structures et nos comportements de manière efficace afin de mettre ces valeurs en pratique et de permettre à notre société d’être imprégnée de cette culture ?

Cela exige un esprit de discernement commun quant à ce que devraient être nos priorités en matière d’élaboration des politiques.

Malheureusement, nous ne semblons pas parvenir à ce stade où nous nous asseyons ensemble en tant que nation pour nous écouter les uns les autres et offrir à chacun la possibilité de participer. Cela nécessite une attitude très différente.

Ce que nous constatons, c’est que les dirigeants ne sont pas disposés à écouter les aspirations et les besoins de la population. Il n’y a aucune volonté de cultiver une attitude tournée vers le bien commun, vers ce qui est le mieux pour notre nation. Les dirigeants continuent de refuser d’accepter le changement, de reconnaître la nécessité de réformes constitutionnelles, et pratiquent une prise de décision imposée d’en haut. Malheureusement, nous avons même assisté à une intervention violente contre les manifestations, ce qui a exacerbé la colère déjà vive au sein de la population. Les responsables, ainsi que les forces de l’ordre, semblent céder à la volonté de garder le contrôle, plutôt que de chercher les moyens de résoudre les tensions sociales. Recourir à des tactiques de terreur, faire taire les opinions divergentes et tolérer les enlèvements sont autant de signes de faiblesse de la part des autorités.

Il est temps que nous osions réfléchir en termes de vérité sur notre situation. Les louanges dont fait l’objet la Tanzanie, présentée comme un pays de paix et d’harmonie, doivent être soumises à un examen réaliste. Les victimes d’abus et de pauvreté n’ont pas de voix – aucune autorité n’est disposée à défendre leur cause – la majorité silencieuse n’a pas de voix.

Nous avons besoin d’un véritable changement politique, qui commence par un processus de réconciliation fondé sur la recherche de la vérité et de la justice. Ensuite, il faudra ouvrir un dialogue national pour déterminer si nous voulons un système multipartite et, dans l’affirmative, comment le mettre en place de manière à garantir l’égalité des chances, conformément aux recommandations de la commission Nyalali, ou si nous voulons construire un autre système démocratique, fondé sur des éléments culturels africains où les différents groupes de la société seraient représentés au sein du gouvernement – la démocratie repose sur la participation et la représentation – et la Tanzanie pourrait trouver une autre forme mieux adaptée à sa culture de recherche du consensus, plutôt qu’une forme compétitive impliquant différents partis.

Il est évident que cela exige un changement majeur et prendra du temps – mais la situation actuelle est suffisamment problématique pour ne pas la laisser se détériorer davantage et sombrer dans le chaos. Peut-être que les travaux de la Tume ya Uchunguzi peuvent ouvrir une voie à suivre. Peut-être ?

Nous disons « peut-être » car les conditions d’une véritable réconciliation ne semblent pas réunies, les autorités ne reconnaissant pas leurs erreurs et les structures nécessaires à un véritable dialogue démocratique faisant actuellement défaut.

  1. Application à l’élaboration de la politique sociale

La question de la politique sociale est l’un des domaines où la réflexion précédente sur le coût du développement se fait particulièrement sentir. Il existe une différence manifeste entre le capitalisme et le socialisme dans l’approche adoptée pour traiter cette question. Mais avant de décrire cette différence, il convient d’examiner une question plus fondamentale : quelle mentalité ou quelle vision devons-nous adopter pour garantir la sécurité sociale aux citoyens, avant même d’élaborer une politique sociale ?

Max Weber, dès 1919, au lendemain d’un chaos guerrier dévastateur, a souligné que pour faire face à une nouvelle société pacifique, nous avons besoin de deux outils fondamentaux :

– la science en tant que vocation

– la politique en tant que vocation

Il a ainsi insisté sur la nécessité d’examiner les réalités sociales avec objectivité, en voyant les choses telles qu’elles sont réellement. Et, deuxièmement, il fallait souligner la responsabilité morale des acteurs politiques, notamment leur obligation d’assumer les conséquences de leurs décisions et leur disposition à les évaluer de manière critique.

Cela signifie cultiver l’éthique de la responsabilité – mettre en pratique l’éthique des vertus, rechercher les moyens de choisir le bien et de réduire le mal, en recherchant ensemble la volonté politique de s’engager à faire de notre nation et de notre peuple une société fondée sur des valeurs.

Une fois que nous aurons acquis cette mentalité et cette vision morales, nous pourrons alors nous atteler à l’élaboration d’une politique sociale.

En examinant objectivement les réalités sociales, on constate qu’en Tanzanie, la majorité de la population est pauvre, appartient au secteur informel aux revenus irréguliers, au secteur rural de subsistance ou aux groupes urbains informels ; cela signifie qu’un système fondé sur les cotisations individuelles pour assurer la sécurité sociale ne fonctionnera pas et ne peut pas fonctionner.

Une approche collective ou communautaire est nécessaire, fondée sur des initiatives d’entraide, développant le principe de subsidiarité selon lequel les autorités soutiennent les personnes qui prennent de telles initiatives – une organisation nationale de la sécurité sociale n’est pas recommandée – c’est la tentation d’une forme centralisée de gouvernement et de la mentalité selon laquelle l’État doit pourvoir à tout.

Le principe de subsidiarité appelle à une réflexion sérieuse sur ce qui est disponible, comme les coopératives d’épargne et de crédit, les sociétés coopératives, les associations à caractère culturel telles que les fonds funéraires, le soutien familial en cas de maladie, ou la fourniture de denrées en nature en cas de famine ou de mauvaise récolte. Il existe le système axé sur l’offre, qui propose une solution unique pour l’ensemble du pays (par exemple, le régime d’assurance universel), ou bien on pourrait mettre en place une sécurité axée sur la demande, fondée sur la communauté locale.

Dans cette deuxième approche, il y a une place pour les contributions volontaires, une dimension morale qui consiste à prendre soin les uns des autres et à savoir que chaque membre de la communauté a sa place et bénéficie d’une sécurité garantie.

Cela signifie élargir, dans un esprit de solidarité, ce que la tradition et la culture ont incarné au sein de la famille : une communauté solidaire qui sert de fondement à la sécurité sociale et aux services sociaux. Elle repose moins sur l’argent et les contributions que sur les relations et la volonté d’apporter un soutien moral. Elle s’appuie sur des associations telles que les églises, les coopératives et l’action sociale des syndicats.

Les dirigeants, qu’ils soient politiques, civils ou religieux, se considèrent comme ceux qui doivent résoudre les problèmes et conservent le pouvoir sur la répartition des ressources disponibles. Abandonner ce pouvoir de répartir les ressources et laisser d’autres, à un niveau inférieur, décider de leur utilisation – cette volonté n’existe pas, c’est une maladie du pouvoir égocentrique

Cela exige un esprit de service au sein de la communauté, et requiert des personnes intègres et dotées de qualités morales. Tout système s’effondre s’il ne dispose pas de telles personnes. Il est clair qu’en Tanzanie, nous devons nous atteler à cette tâche avec beaucoup d’ardeur et de toute urgence. Nous devons développer un esprit d’autonomie, de dévouement et de bénévolat. La Tanzanie ne peut tout simplement pas faire face aux problèmes du chômage, du sous-emploi et de la pauvreté. En tant que nation, nous devons relever ce défi.

Avant d’élaborer des plans de croissance économique et d’investissements, ou d’organiser des approches descendantes, nous devons nous atteler à une approche concrète consistant à aider les gens à résoudre leurs propres problèmes et à faciliter ces initiatives locales. La principale contribution du gouvernement doit être de faciliter les opportunités et les initiatives prises au niveau local. Cela nécessite un autre type de gouvernance, une gouvernance au service de la population et non une gouvernance autoritaire.

Nous pouvons nous référer à un rapport récent qui indique que 70 % des initiatives de start-up échouent dans les trois ans suivant leur lancement, et les raisons invoquées sont les suivantes : mauvaise gestion financière, compétences commerciales limitées, études de marché insuffisantes, fiscalité élevée, accès limité aux prêts financiers, procédures bureaucratiques lourdes, lacunes en matière d’infrastructures.

Cela montre ce que l’on entend par « lorsque le gouvernement et l’administration ne facilitent pas les initiatives locales ».

Cette réflexion montre que l’élaboration des politiques sociales est complexe ; elle va bien au-delà de la simple récolte des fruits de la croissance économique et des plans économiques, bien au-delà de la mise en place de régimes d’assurance maladie, de prêts étudiants, de l’approvisionnement en eau, en électricité ou en logements.

Elle inclut certes ces efforts et ces institutions. Mais elle exige bien plus que cela. Elle appelle à une société qui pratique une civilisation de l’amour – un peuple qui prend soin les uns des autres et du bien commun, et qui cherche les moyens d’assurer cette sécurité mutuelle.

Ce n’est pas un rêve romantique, une nostalgie d’un monde impossible. Pour une nation, avoir un rêve n’est pas une utopie, mais une source d’inspiration qui peut nous stimuler et nous motiver tous à nous consacrer à la construction d’une société où il fait bon vivre et qui correspond au rêve de Dieu pour sa Création. C’est cela, la véritable sécurité sociale.

Victor Missiaen, M.Afr