Mercredi 12 novembre, l’Union européenne a organisé une conférence sur la transition démocratique et l’Église catholique en Afrique au Parlement européen, Salle SPINELLI 5E2. Parmi les intervenants figurait notre collègue Elvis, qui a abordé la question importante de savoir comment les évêques catholiques contribuent à l’avancement de la démocratie sur le continent africain.
La conférence a soulevé plusieurs questions qui restent cruciales pour l’Afrique aujourd’hui :
- Quel type de démocratie prend forme en Afrique, et est-ce significatif pour le peuple?
- Comment devons-nous comprendre les processus électoraux qui se déroulent dans les pays africains?
- Quels systèmes politiques peuvent réellement donner aux Africains les moyens de façonner leur destin et de poursuivre leur développement?
- L’Afrique a-t-elle encore des dirigeants qui servent le bien commun?
Ces questions continuent de guider ma réflexion longtemps après la conférence.
Partout sur le continent, les évêques catholiques, conscients des réalités politiques de leur pays et fidèles à leur mission prophétique, restent vigilants. Leurs déclarations et leurs interventions reflètent souvent une profonde préoccupation pour la justice, la paix et la défense de l’ordre constitutionnel. Ils parlent en tant que pasteurs, pas en tant que politiciens. Leur rôle est de former des consciences, de promouvoir le bien commun et de rappeler aux dirigeants et aux citoyens leurs responsabilités morales. Pourtant, ils ne peuvent pas remplacer les élites politiques, universitaires et civiques dont le continent a comme besoin urgent.
Au-delà de leurs appels au respect constitutionnel, à la transparence électorale et à la cohésion nationale, les évêques africains éduquent et sensibilisent constamment le public. Leurs messages encouragent la responsabilité civique, la paix et le respect de la dignité humaine. Cela s’aligne sur l’enseignement social catholique, qui insiste sur les principes du bien commun, de la participation, de la solidarité, de la subsidiarité et de la dignité de chaque personne.
L’Afrique a besoin de dirigeants éthiques, compétents et visionnaires, des hommes et des femmes déterminés à servir leurs nations avec intégrité. Lorsqu’un tel leadership existe, les sociétés peuvent construire des institutions fortes et inclusives qui garantissent les droits humains, la sécurité, un système judiciaire indépendant, une gouvernance transparente et la liberté économique.
Pour développer un tel leadership, il faut investir à long terme dans l’éducation et la formation civique.
Pour cette raison, l’Afrique doit continuer à étendre ses efforts dans l’éducation civique, le patriotisme, la conscience politique, la formation d’un leadership éthique et la responsabilité publique. La transformation de la gouvernance dépend non seulement des institutions, mais aussi des valeurs et de la conscience des peuples.
Conclusion
L’Eglise catholique continue de jouer un rôle vital en accompagnant l’Afrique dans son cheminement démocratique. Par son enseignement, ses interventions pastorales et son engagement envers la dignité de chaque personne, l’Église contribue de manière significative à la paix, à la justice et à la bonne gouvernance. Pourtant, la responsabilité de construire une société juste et démocratique incombe en fin de compte aux citoyens africains. La démocratie ne se développe que lorsque le peuple participe activement et pacifiquement, tient les dirigeants pour responsables et protège les institutions qui protègent leur souveraineté.
Comme nous le rappelle l’enseignement social catholique, la politique, lorsqu’elle est vécue avec intégrité, est « une forme élevée de charité ». L’Afrique mérite des dirigeants et des citoyens qui embrassent cette noble vision du bien commun.
Berlaine KOLA, ICM
