
L’AEFJN exhorte la Banque africaine de développement à donner la priorité à la souveraineté alimentaire : « La nourriture est un droit sacré, pas une marchandise »
BRUXELLES, mars 2026 – Le Réseau Afrique-Europe Foi et Justice (AEFJN) appelle la Banque africaine de développement (BAD) à veiller à ce que ses investissements agricoles soutiennent les petits agriculteurs, la durabilité écologique et des systèmes alimentaires locaux résilients.
Cet appel fait suite à la publication du rapport « Tracking the Role of the African Development Bank in Reshaping African Agriculture » (Suivi du rôle de la Banque africaine de développement dans la refonte de l’agriculture africaine), qui examine comment les pratiques d’investissement actuelles peuvent, sans le vouloir, favoriser les modèles d’agro-industrie au détriment d’approches communautaires et écologiquement rationnelles.
Soutenir les agriculteurs et les communautés
Le rapport indique que de nombreux programmes soutenus par la BAD continuent de privilégier les semences hybrides, les engrais synthétiques et la monoculture à grande échelle. Si ces approches visent à accroître la productivité, elles peuvent accroître la dépendance vis-à-vis des intrants externes, limiter l’utilisation de systèmes de semences gérés par les agriculteurs et exposer les petits agriculteurs à des risques financiers et écologiques.
« Les systèmes alimentaires prospèrent lorsque les agriculteurs ont les moyens de gérer leurs propres semences et de préserver la diversité des cultures », a déclaré le Secrétariat de l’AEFJN. « Soutenir les pratiques ancrées localement permet aux communautés de subvenir à leurs besoins alimentaires de manière durable et de s’adapter au changement climatique ».
La transparence et la responsabilité sont essentielles
Une part importante des fonds publics de développement transite par des intermédiaires financiers, notamment des fonds d’investissement privés et des banques commerciales. Un manque de transparence peut empêcher les communautés et la société civile de suivre l’utilisation des fonds et de vérifier les mesures de sauvegarde sociales et environnementales.
Recommandation politique
Une plus grande transparence sur tous les sous-projets, associée à des mesures de protection solides, garantira que les investissements profitent aux communautés, protègent l’environnement et renforcent la confiance dans le financement du développement.
Investir dans l’agroécologie et les marchés territoriaux
Guidé par Laudato Si’ et l’option préférentielle pour les pauvres, l’AEFJN appelle à une transition vers des approches agroécologiques qui
• restaurent la santé des sols et préservent la biodiversité
• renforcent la résilience climatique
• autonomisent les petits agriculteurs grâce à des connaissances et des pratiques adaptées au contexte local
L’AEFJN préconise également d’investir dans les marchés territoriaux, le stockage local et les systèmes commerciaux régionaux, afin de garantir que les bénéfices économiques restent au sein des communautés africaines et que la nourriture parvienne à ceux qui en ont le plus besoin.
« La nourriture n’est pas simplement une marchandise : c’est un droit sacré et un fondement de la justice », a déclaré l’AEFJN. « Investir dans les agriculteurs, la gestion écologique et les marchés locaux, c’est investir dans l’avenir de l’Afrique et la santé de notre planète ».
À propos de l’AEFJN
Le Réseau Afrique-Europe Foi et Justice (AEFJN) est un réseau d’organisations confessionnelles qui promeut des relations économiques justes et durables entre l’Europe et l’Afrique. Fondé sur les valeurs de l’Évangile et l’intégrité de la création, l’AEFJN plaide en faveur de politiques qui soutiennent les petits agriculteurs, la gestion écologique et la dignité humaine.
Contact presse : Elvis Ng’andwe (M.Afr), secrétaire exécutif, Africa Europe Faith and Justice Network – Réseaux Foi et Justice Afrique-Europe, execsecretary@aefjn.org
