Jugement et Renouvellement

« Tous les chefs, les prêtres et le peuple multipliaient les infidélités… Finalement, il n’y a eut plus de remèdes ». (1. Lecture, 4. Dimanche de carême B, 2 Ch 36,14-23) “Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. “ (Evangile Jn 3,14-21)

 Les prophètes ont interprété la destruction du temple de Jérusalem et l’exil comme une conséquence de l’infidélité du peuple Israël à sa vocation. Jésus aussi a pleuré sur la ville de Jérusalem, « parce qu’elle n’a pas reconnu ce qui lui sert pour la paix ». (Lk 19,42)

Les églises et les maisons religieuses se vident et beaucoup rejettent l’Église comme institution. Est-ce que ces phénomènes ne sont pas non plus la conséquence d’un long développement historique dans lequel l’Église n’était pas fidèle à sa mission et a bénit des armes, a fait des pactes avec des dictateurs et a toléré des abus de pouvoir?

Suivant une longue tradition prophétique, Jésus a condamné le comportement des autorités religieuses de son temps. Dans le même langage prophétique le Pape François porte un jugement sur les abus, les « maladies » dans l’Église. Son diagnostique pourrait nous servir pour un examen de conscience dans le carême.

  • La maladie de se sentir “immortel”, “indispensable”; activité excessive: se noyer dans le travail et négliger de s’asseoir aux pieds de Jésus; “la pétrifi-cation” mentale et spirituelle perdre la sérénité intérieure, la vitalité et l’audace.
  • La maladie de la planification excessive et du fonctionnarisme; la mauvaise coordination: ne pas vivre l’esprit de communion et d’équipe;
  • La maladie « d’Alzheimer spirituel »: oublier l’histoire du salut : l’histoire personnelle avec le Seigneur, son « premier amour »; La maladie de la rivalité et de la vanité: quand l’apparence et distinctions honorifiques deviennent l’objectif premier de la vie; la schizophrénie existentielle: mener une double vie; le bavardage et le commérage; l’indifférence envers les autres: penser seulement à soi-même et perdre la sincérité et la chaleur des relations humaines.
  • La maladie de l’accumulation: chercher à combler un vide existentiel dans son cœur, en accumulant des biens matériels; La maladie des cercles fermés, l’appartenance au groupe devient plus forte que celle au Corps et au Christ lui-même.
    (Du discours de Pape François à la Curie Romaine, Noël 2014 )

Le Pape François n’accuse pas seulement les abus. Il nous encourage de voir et de vivre l’Église autrement et de contribuer à son renouvellement.

  • Je vois avec clarté que la chose dont a le plus besoin l’Église aujourd’hui c’est la capacité de soigner les blessures et de réchauffer le cœur des fidèles, la proximité, la convivialité. Je vois l’Église comme un hôpital de campagne après une bataille. Il est inutile de demander à un blessé grave s’il a du cholestérol ou si son taux de sucre est trop haut ! Nous devons soigner les blessures. (L’interview avec Antonio Spadaro SJ 21.09.2013)
  • Personne ne peut être exclu de la miséricorde de Dieu. L’Église est la maison, qui accueille tous et ne refuse personne. (Twitter 17. März 2016)
  • Une Église avec des blessures est capable de comprendre les blessures du monde d’aujourd’hui, et de les faire siennes, de les porter en elle-même, d’y prêter attention et de chercher à les guérir. Une Église avec des blessures ne se met pas au centre, ne se croit pas parfaite, mais elle place au centre le seul qui peut guérir les blessures et qui a pour nom : Jésus Christ. (Pape Francois, Santiago 16.01.2018)

Pour reflechir:

  • Pouvons-nous trouver des traces de ces « maladies » de l’Église aussi dans notre vie personnelle et dans nos communautés?
  • Est-ce que notre critique de l’Église est motivé par une attitude de cynisme et de pessimisme ou est-il une expression d’un vrai amour et de compassion?

Nous rendons grâce pour l’Église, sainte et catholique, qui se renouvelle toujours et nous ouvre des horizons nouveaux.

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